T’as pas dix balles ?

T’as pas dix balles ?

Deux amis sans le sou discutent un film en lien avec l’actualité des salles obscures

Arthur Bouet & Aniss El Hamouri

Les fins de mois sont difficiles pour Aniss et Arthur. Dans l’incapacité d’acheter un ticket pour les salles obscures, ils fouillent leur filmothèque personnelle à la recherche d’un film en lien avec une sortie qui pique leur intérêt. S’en suit un débat passionné entre amis.

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"Déjà s'envole la fleur maigre" : le néoréalisme italien version Borinage belge !

Ce mois-ci, les spectateurs et spectatrices du royaume de France ont le privilège de découvrir en salle Les Roches rouges, nouveau long-métrage du réalisateur nordiste Bruno Dumont. Un film à hauteur d’enfant dans lequel le cinéaste remet son art sur le métier et se délocalise à l’occasion sur la côte d’azur, pour filmer les errances primitives d’une bande de têtes blondes, occupant leurs après-midi à plonger depuis les corniches incandescentes qui bordent le littoral.

Pour la première fois, Dumont boude le nord et tourne le dos à la Belgique. Qu’à cela ne tienne : qu’il ne compte pas sur nous pour lui courir après, nous avons tout ce qu’il nous faut ici, dans le plat pays, pour nous rassasier de cinéma et observer le monde au travers d’yeux innocents. Unique long-métrage du belge Paul Meyer réalisé en 1960, Déjà s’envole la fleur maigre dépeint, à l’intersection de la fiction et du documentaire, la vie d’une communauté ouvrière d’immigrés italiens employés comme mineurs dans le Borinage, au temps du déclin de l’industrie du charbon. Préparez vos pioches, vos casques et… vos moules à tartes : aujourd’hui, on dévale des terrils à fond la caisse !

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Publié le par Arthur Bouet & Aniss El Hamouri
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"Mädchen in uniform" : un jalon du cinéma queer avec Exaheva

Pour cette nouvelle saison spéciale invité·es, Arthur et Aniss reçoivent l'autrice de bande dessinée, directrice artistique de jeux vidéos et musicienne Exaheva. Elle leur fait découvrir le film allemand Mädchen in Uniform (1931) de Leontine Sagan, l'un des premiers films – sinon le tout premier – centrés sur une relation lesbienne de l'histoire du cinéma ! L'histoire se déroule dans un pensionnat pour jeunes filles prussiens au début du XXème siècle, dans lequel débarque Manuela, une orpheline de quatorze ans qui, comme toutes ses camarades, va tomber sous le charme de sa proffesseure Mademoiselle von Bernburg. De quoi discuter histoire des représentations, résistance face à l'autoritarisme, mise en scène de la liberté, le tout en excellente compagnie.

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Publié le par Arthur Bouet & Aniss El Hamouri
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"The Babadook" : elevated horror et deuil avec Jennifer Kent

Avez-vous déjà eu envie de tuer votre enfant ? Moi, non. Mais, soyons honnête, c'est très probablement parce que je n'en ai pas. En tout cas, il faut croire que la dépression post-partum de cinéma est à la mode, puisqu'après Jennifer Lawrence qui lèche des vitres dans* Die, my Love* le mois dernier, c'est au tour de* Mother's Baby* de Johanna Moder de mettre en lumière ce phénomène qui, dans la réalité, touche pas loin de 20% des mères.

Pas de post-partum dans The Babadook, mais une dépression bien carabinée et la colère inavouable d'une maman pour sa charmante tête blonde. Sorti en 2017, le premier film de l'australienne Jennifer Kent raconte l'histoire d'Amelia, une femme élevant seule son fils Samuel après le décès de son mari. Son garçon est turbulent, intenable et s'imagine qu'un monstre rôde la nuit dans sa chambre, au grand dam de sa mère, épuisée. Jusqu'au jour où un mystérieux livre pour enfants intitulé Le Babadook fait son apparition dans la maison, et commence à semer le doute dans l'esprit d'Amelia : se pourrait-il que le monstre soit bien réel ?

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Publié le par Arthur Bouet & Aniss El Hamouri
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"Street Fighter II : le film" : nostalgie, traduction et vibes avec Ken & Ryu

J'ai souvent l'impression de n'être au courant de rien. Et mon cerveau qui n'est pas un foudre de guerre en matière de mémoire n'aide pas beaucoup. Mais du coup, est-ce que j'étais le seul en voyant que cette semaine sortait le film Mortal Kombat II de Simon Mc Quoid, à m'être dit « Ah bon ? Y'a eu un 1 ? » ? En tout cas, ce n'est pas la seule incursion du jeu vidéo de combat au cinéma ces derniers temps, puisque la licence* Street Fighter*, concurrente ancestrale de Mortal Kombat, retourne sur les grands écrans en octobre dans un film éponyme dont le trailer est sorti courant avril. Une tendance qui n'est pas non plus nouvelles puisque cette même licence Street Fighter n'en est pas à son premier essai d'adaptation en long métrage.

Alors oui, Street Fighter : L'Ultime Combat de 1994 avec au casting, notre JCVD national, on y a pensé. Et pourtant c'est un film d'animation 2D, sorti la même année qui va nous intéresser aujourd'hui. Street Fighter II : Le film (the animated movie) de Gisaburo Sugii, publié directement en VHS et laser disc aux USA et en Europe, a l'ambition de retranscrire beaucoup plus fidèlement les personnages du jeu historique Street Fighter II. Mais trève d'introduction. Choisissez un personnage (Arthur ou moi-même) et préparez-vous au pire. Car à la fin, il n'en restera qu'un.

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Publié le par Arthur Bouet & Aniss El Hamouri
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"On connait la chanson" : la comédie de boulevard en musique avec Alain Resnais

«La vie c'est plus marrant, C'est moins désespérant, En chantant » Et si le talentueux, le délicieux, l'inénarrable Michel Sardou, étoile française qui brille là-haut dans le ciel des idoles, avait raison ? Est-ce qu'on se ferait pas moins chier ici bas en poussant la chansonnette ? C'est en tout cas ce que laisse à penser The Choral, production britannique qui sent bon la sieste à l'EPHAD, dans laquelle un directeur de chorale fait triompher l'espoir en inculquant l'art des vocalises à une troupe d'ados, au mitant de la première Guerre mondiale.

Alain Resnais, lui, ne mange pas de ce pain là. Pour le cinéaste français, bien connu des écoliers français et belges pour son documentaire sur la Shoah Nuit et brouillard, la chanson n'élève pas les cœurs mais révèle nos névroses enfouies. Sur un scénario du mythique duo Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri, Resnais signe On connait la chanson. Un film... choral dans lequel se croise une galerie de personnages dévorés par l'amour, la dépression et la culpabilité et dont les états d'âme nous parviennent sous la forme de chansons françaises populaires, entonnées en playback. Le cinéma français rencontre Karafun, c'est parti dans 1, 2, 1, 2, 3, 4 !

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Publié le par Arthur Bouet & Aniss El Hamouri