T’as pas dix balles ?

T’as pas dix balles ?

Deux amis sans le sou discutent un film en lien avec l’actualité des salles obscures

Arthur Bouet & Aniss El Hamouri

Les fins de mois sont difficiles pour Aniss et Arthur. Dans l’incapacité d’acheter un ticket pour les salles obscures, ils fouillent leur filmothèque personnelle à la recherche d’un film en lien avec une sortie qui pique leur intérêt. S’en suit un débat passionné entre amis.

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"On connait la chanson" : la comédie de boulevard en musique avec Alain Resnais

«La vie c'est plus marrant, C'est moins désespérant, En chantant » Et si le talentueux, le délicieux, l'inénarrable Michel Sardou, étoile française qui brille là-haut dans le ciel des idoles, avait raison ? Est-ce qu'on se ferait pas moins chier ici bas en poussant la chansonnette ? C'est en tout cas ce que laisse à penser The Choral, production britannique qui sent bon la sieste à l'EPHAD, dans laquelle un directeur de chorale fait triompher l'espoir en inculquant l'art des vocalises à une troupe d'ados, au mitant de la première Guerre mondiale.

Alain Resnais, lui, ne mange pas de ce pain là. Pour le cinéaste français, bien connu des écoliers français et belges pour son documentaire sur la Shoah Nuit et brouillard, la chanson n'élève pas les cœurs mais révèle nos névroses enfouies. Sur un scénario du mythique duo Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri, Resnais signe On connait la chanson. Un film... choral dans lequel se croise une galerie de personnages dévorés par l'amour, la dépression et la culpabilité et dont les états d'âme nous parviennent sous la forme de chansons françaises populaires, entonnées en playback. Le cinéma français rencontre Karafun, c'est parti dans 1, 2, 1, 2, 3, 4 !

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Publié le par Arthur Bouet & Aniss El Hamouri
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T’as pas dix sur disques : spécial Kelly Reichardt 

« The less money you take, the more freedom you get », déclarait Kelly Reichardt à propos de son neuvième film, The Mastermind, sorti en février dans les salles européennes. Une déclaration qui résonne assez bien avec la philosophie de deux podcasts : d’un côté ceux qui parlent chaque mois de cinéma en fouillant dans sa riche histoire et de l’autre un spécialiste des classements de discographies d’artistes éclectiques.

The Mastermind, c’est donc l’occasion de se lancer à trois voix dans ce qui semblait jusqu’ici impossible : classer les films d’une réalisatrice qui a construit toute sa filmographie à côté du grand cinéma hollywoodien, en prônant un cinéma de la mise en espace, de l’économie de moyens et du retour aux choses, aux matières, une manière de reprendre de la distance face au monde qui nous submerge.

Le résultat c’est plus d’une heure et demie de débat effréné pour savoir si la radicalité de* Meek's Cutoff* (2010) vaut davantage que la sublime contemplation des désenchantées de l’Amérique dans Certain Women (2017).

Une émission pour les amateur·ices de cinéma américain hors des marges mais pas seulement parce qu’écouter trois gastronomes parler de cuisine donne parfois encore plus envie de passer à table. Et parce que parler de Kelly Reichardt, c’est aussi parler de l’Amérique : de son histoire ethnocidaire, de ce qu’elle a produit, et des traces que cela laisse dans le monde où nous vivons. Et qu’aujourd’hui, ça peut pas faire de mal.

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Publié le par Arthur Bouet, Aniss El Hamouri & Jules Adam Mendras
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"Les Enfants Loups, Ame & Yuki" : libérez le furry qui est en vous avec Mamoru Hosoda

Mamoru Hosoda, grand nom de l'animation nippone contemporaine, signe cette année le long métrage Scarlet : son huitième en tant que réalisateur, son troisième en tant que scénariste et son quatrième au sein du studio Chizu qu'il a cofondé en 2011 avec Yuichiro Saito. Un film où une princesse héritière défie le temps et la mort pour venger son père cruellement assassiné par son méchant tonton qui lui usurpe son trône. Petit goût familier de Roi Lion (ou de Hamlet diront les défenseurs de la grande culture).
Une occasion aussi de continuer l'exploration de ses techniques de fusion entre animation 2D et 3D.

Bonne occasion pour nous d'aller piocher dans sa filmographie et d'en sortir le tout premier film qu'il a réalisé dans ce même studio Chizu en 2012 et qui, pour beaucoup, est considéré comme l'un de ses meilleurs : Okami Kodomo no Ame to Yuki (Les Enfants loups, Ame & Yuki). Dans cette fable fantastique moderne, Hana, mère courage de deux enfants hybrides mi-humains mi-loups tente de trouver un havre de paix où les élever sans les contraindre, en tenant secrètes leur origine et leur nature plus qu'humaine. Libérez le Furry en vous et suivez-nous dans la campagne japonaise, à la lisière entre le monde humain et le monde sauvage.

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Publié le par Arthur Bouet & Aniss El Hamouri
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"Les Merveilles" : derrière l'Italie carte postale avec Alice Rohrwacher

Cette semaine, le roi du faste bourgeois, des envolées lyriques boursoufflées et des personnages féminins filmés comme des pâtisseries nous revient avec La Grazia, un drame historique centré sur un Président italien fictif en fin de mandat. Solitude du pouvoir et méditation sur la fin de vie servies par des acteurs aux mines compassées : la probabilité d'un pensum profond comme un cendrier et visuellement subtil comme une pub Channel nous a plutôt donné des envies de rusticité !

C'est pourquoi nous avons choisi de prendre le maquis et nous tourner vers l'une des figures de proue du nouveau cinéma italien, récompensée par deux fois au Festival de Cannes : Alice Rohrwacher, dont nous avons découvert le second long-métrage Les Merveilles (Le Meraviglie ), reparti de la grande messe cannoise de 2014 avec rien de moins qu'un Grand Prix. Direction la campagne italienne pour une vie plus simple, en harmonie avec la nature, où le quotidien d'une petite famille d'apiculteurs va être bouleversé par l'arrivée dans la région d'une émission de télé-réalité...

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Publié le par Arthur Bouet & Aniss El Hamouri