T’as pas dix balles ?

T’as pas dix balles ?

Deux amis sans le sou discutent un film en lien avec l’actualité des salles obscures

Arthur Bouet & Aniss El Hamouri

Les fins de mois sont difficiles pour Aniss et Arthur. Dans l’incapacité d’acheter un ticket pour les salles obscures, ils fouillent leur filmothèque personnelle à la recherche d’un film en lien avec une sortie qui pique leur intérêt. S’en suit un débat passionné entre amis.

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"Les Enfants Loups, Ame & Yuki" : libérez le furry qui est en vous avec Mamoru Hosoda

Mamoru Hosoda, grand nom de l'animation nippone contemporaine, signe cette année le long métrage Scarlet : son huitième en tant que réalisateur, son troisième en tant que scénariste et son quatrième au sein du studio Chizu qu'il a cofondé en 2011 avec Yuichiro Saito. Un film où une princesse héritière défie le temps et la mort pour venger son père cruellement assassiné par son méchant tonton qui lui usurpe son trône. Petit goût familier de Roi Lion (ou de Hamlet diront les défenseurs de la grande culture).
Une occasion aussi de continuer l'exploration de ses techniques de fusion entre animation 2D et 3D.

Bonne occasion pour nous d'aller piocher dans sa filmographie et d'en sortir le tout premier film qu'il a réalisé dans ce même studio Chizu en 2012 et qui, pour beaucoup, est considéré comme l'un de ses meilleurs : Okami Kodomo no Ame to Yuki (Les Enfants loups, Ame & Yuki). Dans cette fable fantastique moderne, Hana, mère courage de deux enfants hybrides mi-humains mi-loups tente de trouver un havre de paix où les élever sans les contraindre, en tenant secrètes leur origine et leur nature plus qu'humaine. Libérez le Furry en vous et suivez-nous dans la campagne japonaise, à la lisière entre le monde humain et le monde sauvage.

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Publié le par Arthur Bouet & Aniss El Hamouri
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"Les Merveilles" : derrière l'Italie carte postale avec Alice Rohrwacher

Cette semaine, le roi du faste bourgeois, des envolées lyriques boursoufflées et des personnages féminins filmés comme des pâtisseries nous revient avec La Grazia, un drame historique centré sur un Président italien fictif en fin de mandat. Solitude du pouvoir et méditation sur la fin de vie servies par des acteurs aux mines compassées : la probabilité d'un pensum profond comme un cendrier et visuellement subtil comme une pub Channel nous a plutôt donné des envies de rusticité !

C'est pourquoi nous avons choisi de prendre le maquis et nous tourner vers l'une des figures de proue du nouveau cinéma italien, récompensée par deux fois au Festival de Cannes : Alice Rohrwacher, dont nous avons découvert le second long-métrage Les Merveilles (Le Meraviglie ), reparti de la grande messe cannoise de 2014 avec rien de moins qu'un Grand Prix. Direction la campagne italienne pour une vie plus simple, en harmonie avec la nature, où le quotidien d'une petite famille d'apiculteurs va être bouleversé par l'arrivée dans la région d'une émission de télé-réalité...

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Publié le par Arthur Bouet & Aniss El Hamouri
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"La Vie est belle" : dans la boule à neige de Frank Capra

L'année a filé à une vitesse folle et les fêtes païennes, chrétiennes et autres plaisirs d'hiver sont de retour. Et le stress qui va avec. Certain·es se préparent déjà mentalement au débat avec leur cousin droitard du brabant wallon ou autre proche doucement facho sur le grand remplacement islamo-gauchiste de la crèche dangereusement inclusive de la grand place. Quoi de mieux pour se détendre qu'un bon film réconfortant de Noël seul ou accompagné ?

Alors libre à vous d'aller au cinéma voir A la poursuite du Père Noël  de James Huth avec Patrick Timsit dans le rôle du father Christmas himself. Mais nous on a plutôt préféré sortir les plaids, les bouillottes et les thés aux saveurs décadentes pour se regarder un grand classique du genre sans bouger de la maison.

Traduit en français sous le titre La Vie est belle (et à ne pas confondre avec le film homonyme de 1997 de Roberto Benigni), It's a Wonderful Life de Frank Capra avec James Stewart et Dona Reed est un film de 1946. Malgré un échec initial au box office, ce conte de Noël moderne, basé sur la nouvelle de Charles Dickens* The Greatest Gift*, est devenu depuis cultissime, réputé l'un des meilleurs Christmas movies jamais réalisé et sacré par le American Film Institute comme l'un des 100 meilleurs films américains jamais tournés.

Personnellement, c'est en bons cuistres que nous nous sommes donc installés sous le sapin pour découvrir cette pierre angulaire de l'esprit de Noël hollywoodien : le destin de George Bailey, un homme simple de Bedford Falls. Vous, vous saviez que la plus grande des richesse ce n'était pas l'argent ?

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Publié le par Arthur Bouet & Aniss El Hamouri
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"Le Prix du danger" : dystopie franchouillarde, capitalisme et télé-poubelle

Aaah, la télé-réalité. De vraies gens, qui font de vraies choses, devant l'œil gourmand des caméras, pour le bonheur de nous autres, bons petits soldats du capitalisme n'aimant rien de plus que de nous prélasser devant la mise en boite de la réalité. Tout ça pour oublier à quel point la nôtre, de réalité, est morne, fade, sans saveur. Et pour redonner un peu de piquant, quoi de mieux que de s'installer dans le confort de notre canapé pour regarder des gens survivre – j'en tiens pour preuve le succès jamais démenti de Koh Lanta – ? C'est en tout cas le pari que fait Edgar Wright en livrant une nouvelle adaptation du roman de Stephen King Running Man, dans lequel un homme n'ayant plus rien à perdre participe à un jeu télévisé au principe simplissime : survivre pendant trente jours à une traque aux quatre coins du pays, poursuivi par de redoutables assassins.

Mais, au début des années 1980, au moment même où Stephen King imaginait le futur du divertissement télévisé, un réalisateur français bien moins connu échafaudait lui-aussi un récit raillant notre goût du sang et les dérives de la société du spectacle. Il s'agit bien entendu d'Yves Boisset et de son long-métrage sorti en 1983* Le Prix du danger*, qui met en scène un jeune Gérard Lanvin parachuté dans une épreuve mortelle retransmise en direct et commentée par un diabolique présentateur incarné par Michel Piccoli. Survivra-t-on à la violence de classes, aux combinaisons fluo, aux coupures pub et à la télé-poubelle ? Réponse dans cet épisode.

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Publié le par Arthur Bouet & Aniss El Hamouri