T’as pas dix balles ?

T’as pas dix balles ?

Deux amis sans le sou discutent un film en lien avec l’actualité des salles obscures

Arthur Bouet & Aniss El Hamouri

Les fins de mois sont difficiles pour Aniss et Arthur. Dans l’incapacité d’acheter un ticket pour les salles obscures, ils fouillent leur filmothèque personnelle à la recherche d’un film en lien avec une sortie qui pique leur intérêt. S’en suit un débat passionné entre amis.

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"Le Bonheur" : exploser le patriarcat avec Agnès Varda

La Nouvelle Vague. Vous en avez déjà entendu parler non, de ce mouvement cinématographique qui a révolutionné le cinéma français et international entre les année 50 et 60 ? À vrai dire, nous oui. Très souvent même. Difficile de passer à côté du monolithe qu'il constitue dans la culture contemporaine et en particulier en Francophonie. C'est à la fois pour désacraliser et célébrer le French "Je Ne Sais Quoi" de l'une des œuvres emblématiques de ce mouvement, que le texan Richard Linklater aurait réalisé Nouvelle Vague, son dernier film, qui sort cette semaine en salle et qui raconte le making-of fictionnalisé du cultissime À bout de Souffle de Jean-Luc Godard, sorti en 1960.

Mais bon, aura sacrée oblige, la simple mention de la Nouvelle Vague évoque facilement le cliché de français gouailleurs qui parlent d'âârt et belles phâmes en fumant des cigarettes. Or, c'est aussi et surtout une appellation bien vaste qui regroupe une multitude de cinéastes aux envies de ruptures et aux voix différentes. D'où notre envie d'écouter une seule d'entre elle : celle d'Agnès Varda dans son film de 1965, Le Bonheur. Préparez-vous à une injection en intraveineuse de Cocorico à base de PTT et de camionette Citroën dans cette image d'Épinal d'une famille parfaite de la province française. Parfaite, au moins, en apparence.

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Publié le par Arthur Bouet & Aniss El Hamouri
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"Le Géant de fer" : une fable antimilitariste signée Brad Bird

La découverte à la fin de l'été de la bande annonce d'Un monde merveilleux, comédie dystopique où Blanche Gardin fait des blagues de boomers dans un monde peuplé de robots débiles légers, nous avait presque donné envie de nous supprimer. Mais rassurez-vous braves gens, un rapide voyage thérapeutique à Disneyland Paris nous aura redonné la joie de vivre, et l'envie de nous attaquer à un classique de l'animation américaine et du film de robot.

Avant Ratatouille et Mission Impossible : Protocole Fantôme, Brad Bird, formé à l'écurie Disney, consacré chez Pixar, signait pour Warner Bros. Le Géant de Fer, son premier long-métrage réalisé en 1999. Un récit initiatique dans lequel un robot venu du ciel fait l'apprentissage de l'empathie auprès d'un petit garçon marginal. Sacrifié par le studio, le film ne rencontra pas son public avant de faire l'objet d'une réhabilitation dans les années 2010, et de devenir l'œuvre culte du cinéaste américain. Guerre froide, tôle ondulée, art brut et laxatif : une rentrée bien pleine de promesses, en somme.

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"Apolonia, Apolonia" : entremêler l'art et la vie avec Apolonia Sokol

Il y a quelques jours sortait sur nos écrans Oxana, un film réalisé par Charlène Favier, et évocation biographique de la vie d'Oksana Chatchko, artiste et militante féministe ukrainienne à l'origine du mouvement des Femen, tragiquement achevée par son suicide en 2018. Courageux projet que de vouloir organiser en un film de fiction bien rangé une existence guidée par le désir de se soustraire à toutes les formes d'oppressions et d'enfermement, et qui semble assez peu se prêter à l'exercice souvent balisé du biopic.

C'est pourquoi nous avons décidé de faire un pas de côté en nous attaquant au film Apolonia, Apolonia de Léa Glob, qui s'attache non pas à représenter l'activiste originaire d'Ukraine, mais bien sa meilleure amie, son âme sœur : la painteresse Apolonia Sokol. Initié comme un simple projet étudiant, le tournage de ce portrait d'artiste s'est finalement étendu sur treize années, retraçant le parcours extraordinaire d'une femme incapable de démêler sa vie de son art.

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"Lady Bird" : avant Barbie, l'adolescence par Greta Gerwig

« J'ai jamais eu les pieds sur terre / J'aimerais mieux être un oiseau / J'suis mal dans ma peau », chantait le regretté Daniel Balavoine dans l'opéra rock Starmania en 1978. Flash forward jusqu'en 2025, et Rona non plus ne va pas très bien. La protagoniste de The Outrun, réalisé par Nora Fingscheidt, est une jeune trentenaire aux cheveux bleus interprétée par l'actrice américano-irlandaise Saoirse Ronan, qui se débat avec son alcoolisme et décide de s'exiler sur une île au nord de l'Écosse pour travailler à la protection des oiseaux et, on l'espère pour elle, guérir.

Une quête d'émancipation qui n'est pas sans rappeler un film dans lequel jouait déjà la comédienne – version cheveux rouges cette-fois –, qui lui valu sa troisième nomination aux Oscars en 2017. Lady Bird raconte la dernière année au lycée de Christine, prénom de naissance auquel elle préfère « Lady Bird », jeune fille en révolte contre la médiocrité du destin qui semble lui être promis, qui rêve de quitter le foyer familial, la précarité et sa ville sans histoires de Sacramento pour la vibrante New York et, peut-être, embrasser une carrière artistique. Un long-métrage à forte teneur autobiographique réalisé par nulle autre que Greta Gerwig, nouvelle nabab d'Hollywood depuis le succès interplanétaire de Barbie en 2023, et l'occasion d'interroger à la fois le parcours de la cinéaste égérie de la scène mumblecore new-yorkaise, et le coming of age movie américain et ses tropes fétiches : famille, amour et sexualité.

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"La Reine des neiges" : prison, chansons, glaçons et subversion de la formule DIsney

Siffler en travaillant, lalala lala lala. Une belle mélodie qu'entonnait gaiement, en 1937, Blanche Neige dans le long métrage d'animation éponyme des studios Disney. Le premier film de la grande institution des « classiques de disney » qui a marqué l'enfance de plus d'un esprit impressionnable. Lancée depuis déjà quelques temps dans une série de remakes en prises de vue réelles de ses grands classiques, la maison de Mickey fait le pari en 2025 de dé-cryogéniser Blanche Neige de son cercueil de verre pour la porter à nouveau à l'écran avec Marc Webb à la réalisation. Pas très très sûr que ce plat réchauffé respecte la chaîne du froid à l'heure du gouvernement Arizona (en Belgique), de la fascisation générale du monde, pendant que les dominants font des saluts nazis et agitent des tronçonneuses en public.

Quoi qu'il en soit, vu qu'on avait le fait voyage jusqu'au grand freezer Walt Disney, on s'est dit qu'on allait se laissait aller à parler de leur plus gros succès au rayon surgelé. Frozen, ou La Reine des neiges en français, avant d'être un thème de fête d'anniversaire, est un film d'animation sorti en 2013 et réalisé par Chris Buck et Jennifer Lee. Au programme : Chansons, princesses, fjord, pouvoirs magiques, et... TRAHISON ? Alors ? Voulez-vous faire un bonhomme de neige ?

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Publié le par Arthur Bouet & Aniss El Hamouri