T’as pas dix balles ?

T’as pas dix balles ?

Deux amis sans le sou discutent un film en lien avec l’actualité des salles obscures

Arthur Bouet & Aniss El Hamouri

Les fins de mois sont difficiles pour Aniss et Arthur. Dans l’incapacité d’acheter un ticket pour les salles obscures, ils fouillent leur filmothèque personnelle à la recherche d’un film en lien avec une sortie qui pique leur intérêt. S’en suit un débat passionné entre amis.

En cours de lecture

"La Vie est belle" : dans la boule à neige de Frank Capra

L'année a filé à une vitesse folle et les fêtes païennes, chrétiennes et autres plaisirs d'hiver sont de retour. Et le stress qui va avec. Certain·es se préparent déjà mentalement au débat avec leur cousin droitard du brabant wallon ou autre proche doucement facho sur le grand remplacement islamo-gauchiste de la crèche dangereusement inclusive de la grand place. Quoi de mieux pour se détendre qu'un bon film réconfortant de Noël seul ou accompagné ?

Alors libre à vous d'aller au cinéma voir A la poursuite du Père Noël  de James Huth avec Patrick Timsit dans le rôle du father Christmas himself. Mais nous on a plutôt préféré sortir les plaids, les bouillottes et les thés aux saveurs décadentes pour se regarder un grand classique du genre sans bouger de la maison.

Traduit en français sous le titre La Vie est belle (et à ne pas confondre avec le film homonyme de 1997 de Roberto Benigni), It's a Wonderful Life de Frank Capra avec James Stewart et Dona Reed est un film de 1946. Malgré un échec initial au box office, ce conte de Noël moderne, basé sur la nouvelle de Charles Dickens* The Greatest Gift*, est devenu depuis cultissime, réputé l'un des meilleurs Christmas movies jamais réalisé et sacré par le American Film Institute comme l'un des 100 meilleurs films américains jamais tournés.

Personnellement, c'est en bons cuistres que nous nous sommes donc installés sous le sapin pour découvrir cette pierre angulaire de l'esprit de Noël hollywoodien : le destin de George Bailey, un homme simple de Bedford Falls. Vous, vous saviez que la plus grande des richesse ce n'était pas l'argent ?

Voir l'article
Publié le par Arthur Bouet & Aniss El Hamouri
En cours de lecture

"Le Prix du danger" : dystopie franchouillarde, capitalisme et télé-poubelle

Aaah, la télé-réalité. De vraies gens, qui font de vraies choses, devant l'œil gourmand des caméras, pour le bonheur de nous autres, bons petits soldats du capitalisme n'aimant rien de plus que de nous prélasser devant la mise en boite de la réalité. Tout ça pour oublier à quel point la nôtre, de réalité, est morne, fade, sans saveur. Et pour redonner un peu de piquant, quoi de mieux que de s'installer dans le confort de notre canapé pour regarder des gens survivre – j'en tiens pour preuve le succès jamais démenti de Koh Lanta – ? C'est en tout cas le pari que fait Edgar Wright en livrant une nouvelle adaptation du roman de Stephen King Running Man, dans lequel un homme n'ayant plus rien à perdre participe à un jeu télévisé au principe simplissime : survivre pendant trente jours à une traque aux quatre coins du pays, poursuivi par de redoutables assassins.

Mais, au début des années 1980, au moment même où Stephen King imaginait le futur du divertissement télévisé, un réalisateur français bien moins connu échafaudait lui-aussi un récit raillant notre goût du sang et les dérives de la société du spectacle. Il s'agit bien entendu d'Yves Boisset et de son long-métrage sorti en 1983* Le Prix du danger*, qui met en scène un jeune Gérard Lanvin parachuté dans une épreuve mortelle retransmise en direct et commentée par un diabolique présentateur incarné par Michel Piccoli. Survivra-t-on à la violence de classes, aux combinaisons fluo, aux coupures pub et à la télé-poubelle ? Réponse dans cet épisode.

Voir l'article
Publié le par Arthur Bouet & Aniss El Hamouri
En cours de lecture

"Le Bonheur" : exploser le patriarcat avec Agnès Varda

La Nouvelle Vague. Vous en avez déjà entendu parler non, de ce mouvement cinématographique qui a révolutionné le cinéma français et international entre les année 50 et 60 ? À vrai dire, nous oui. Très souvent même. Difficile de passer à côté du monolithe qu'il constitue dans la culture contemporaine et en particulier en Francophonie. C'est à la fois pour désacraliser et célébrer le French "Je Ne Sais Quoi" de l'une des œuvres emblématiques de ce mouvement, que le texan Richard Linklater aurait réalisé Nouvelle Vague, son dernier film, qui sort cette semaine en salle et qui raconte le making-of fictionnalisé du cultissime À bout de Souffle de Jean-Luc Godard, sorti en 1960.

Mais bon, aura sacrée oblige, la simple mention de la Nouvelle Vague évoque facilement le cliché de français gouailleurs qui parlent d'âârt et belles phâmes en fumant des cigarettes. Or, c'est aussi et surtout une appellation bien vaste qui regroupe une multitude de cinéastes aux envies de ruptures et aux voix différentes. D'où notre envie d'écouter une seule d'entre elle : celle d'Agnès Varda dans son film de 1965, Le Bonheur. Préparez-vous à une injection en intraveineuse de Cocorico à base de PTT et de camionette Citroën dans cette image d'Épinal d'une famille parfaite de la province française. Parfaite, au moins, en apparence.

Voir l'article
Publié le par Arthur Bouet & Aniss El Hamouri
En cours de lecture

"Le Géant de fer" : une fable antimilitariste signée Brad Bird

La découverte à la fin de l'été de la bande annonce d'Un monde merveilleux, comédie dystopique où Blanche Gardin fait des blagues de boomers dans un monde peuplé de robots débiles légers, nous avait presque donné envie de nous supprimer. Mais rassurez-vous braves gens, un rapide voyage thérapeutique à Disneyland Paris nous aura redonné la joie de vivre, et l'envie de nous attaquer à un classique de l'animation américaine et du film de robot.

Avant Ratatouille et Mission Impossible : Protocole Fantôme, Brad Bird, formé à l'écurie Disney, consacré chez Pixar, signait pour Warner Bros. Le Géant de Fer, son premier long-métrage réalisé en 1999. Un récit initiatique dans lequel un robot venu du ciel fait l'apprentissage de l'empathie auprès d'un petit garçon marginal. Sacrifié par le studio, le film ne rencontra pas son public avant de faire l'objet d'une réhabilitation dans les années 2010, et de devenir l'œuvre culte du cinéaste américain. Guerre froide, tôle ondulée, art brut et laxatif : une rentrée bien pleine de promesses, en somme.

Voir l'article
Publié le par Arthur Bouet & Aniss El Hamouri
En cours de lecture

"Apolonia, Apolonia" : entremêler l'art et la vie avec Apolonia Sokol

Il y a quelques jours sortait sur nos écrans Oxana, un film réalisé par Charlène Favier, et évocation biographique de la vie d'Oksana Chatchko, artiste et militante féministe ukrainienne à l'origine du mouvement des Femen, tragiquement achevée par son suicide en 2018. Courageux projet que de vouloir organiser en un film de fiction bien rangé une existence guidée par le désir de se soustraire à toutes les formes d'oppressions et d'enfermement, et qui semble assez peu se prêter à l'exercice souvent balisé du biopic.

C'est pourquoi nous avons décidé de faire un pas de côté en nous attaquant au film Apolonia, Apolonia de Léa Glob, qui s'attache non pas à représenter l'activiste originaire d'Ukraine, mais bien sa meilleure amie, son âme sœur : la painteresse Apolonia Sokol. Initié comme un simple projet étudiant, le tournage de ce portrait d'artiste s'est finalement étendu sur treize années, retraçant le parcours extraordinaire d'une femme incapable de démêler sa vie de son art.

Voir l'article
Publié le par Arthur Bouet & Aniss El Hamouri